Piège.
Genre: Yaoï.
Personnages:
-Gabriel White.
Personnage principal et narrateur de cette histoire, ce jeune lycéen est de type attentionné et souriant. Quoique hanté par un souvenir de jeunesse, il n'hésite pas à aider et à offrir son c½ur tendre. Il fera la rencontre d'une certaine personne qui chamboulera toute sa vie.
-Kurohana Denrave.
Voici l'homme que tout le monde sur ce forum connait. Toujours aussi narcissique et riche, il lui arrivera de s'amuser étrangement avec le gentil Gabriel.
-Azur Eiren
Jeune homme qui fera son entrée dans l'histoire bien plus tard. Un an de plus que le jeune héros, il interférera méchamment dans les plans du sournois Denrave. Voici un jeune homme qui, au niveau du caractère, saura s'imposer contre le riche.
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Chapitre I: Habitudes.
---Il était aux environs des neuf heures du soir quand je partais me coucher, sous le conseil sévère de ma mère. Ma démarche était clairement alourdie par l'écrasant poids de mon sommeil, qui n'eut que facilité à m'emmener dans les bras de Morphée si tôt que je m'étais allongée sur le lit, après avoir au préalable fermé la porte qui grinça affreusement. Jamais je n'avais cru pouvoir m'endormir si vite, et pourtant, quelques minutes me suffirent à rêver. Si bien que quand je me réveillai en sursaut, je fus pris d'un mal de tête conséquent. Cette douleur m'était insupportable, et je décidai de me rendre en cuisine, pour pouvoir assouvir mon besoin d'eau fraîche.
J'usai d'une rare délicatesse pour éviter que la porte ne grince et réveille toute la famille. Oui, j'avais beau faire le dur, je n'en restais pas moins attentionné. M'auto-félicitant pour mon silence, je m'engouffrai dans le long couloir sombre qui se proposait à moi.
---Ma demeure était une très grande villa, que l'on pouvait même qualifier de manoir. Il nous fallait bien des minutes pour la traverser dans toute sa largeur. Oh bien sûr, elle n'était pas la plus grande de la ville non, mais je n'en restais pas moins fier. Mes parents, comme tout être normal, travaillaient pour pouvoir payer à moi et mon grand frère Mike ce qui serait propice à notre bon développement. Ils avaient réussis leurs carrières et ma mère étant avocate, et mon père infirmier, ils s'étaient rencontrés lors d'une affaire où ils défendaient la même cause. Ils tombèrent rapidement sous le charme l'un de l'autre. Cet amour engendra ma naissance, moi, jeune homme qui dès à présent était en quête d'eau.
---Je revins de la cuisine, épuisé. L'eau ne semblait pas vouloir faire effet, tous étaient ligués contre moi ce soir. Je ne voyais d'autres explications.
Fulminant contre ma douloureuse boîte crânienne, je m'arrêtai, intrigué par un son que je venais de percevoir. En tendant l'oreille, je me rendis compte que ce son se rapprochait plus d'une voix d'homme qu'autre chose. Il avait beau être trois heures du matin, je ne pensais pas pouvoir douter de l'existence de cette voix qui se répétait. Une voix douce mais coupée, qui laissait entrevoir des notes suaves et délicates pour l'oreille. Je l'entendais qui me venait de la chambre de mon frère. Intrigué par ce son dont le propriétaire m'était inconnu, je me dirigeai vers la pièce, dont la porte était entre-ouverte. Discrètement, je jetai un coup d'½il à l'intérieur.
---La curiosité était un vilain défaut, et je m'en rendis compte en apercevant l'effroyable vision qui s'offrait à moi. La voix appartenait à un parfait inconnu dont je ne distinguai que ses somptueux cheveux longs et noirs d'encre. Ce n'étaient rien d'autre que des gémissements, des gémissements de plaisir que provoquait mon frère, la visage entre les jambes de cette personne. Ils étaient nus, complètement nus, allongé sur un lit qui menaçait de céder aux moindres gestes brusques. L'obscurité m'empêchait de distinguer autre chose, mais j'avais déjà bien compris ce qu'il se passait à l'intérieur. Hoquetant d'effroi, je reculai d'un pas. Le jeune homme sans nom entendit et son regard se tourna vers moi. Ses yeux étaient ornés d'iris argents qui flamboyaient dans la nuit, comme un liquide en fusion dans l'obscurité d'une chambre noire. Un regard embrumé par le plaisir, mais qui laissait entrevoir une sournoiserie et un charme inégalable. C'était la seule chose dont je me souvenais de lui.
---Je me redressai subitement. Ce n'était qu'un rêve, encore ce rêve qui me hantait depuis trois ans. Je revoyais chaque nuit, inlassablement, ce regard qui me transperçait, copiant la douleur que le mal de tête de ce songe me faisait subir. Je ne me rappelai que trop bien de cette soirée, où j'ai découvert l'homosexualité de mon frère, où je cherchais de l'eau, où je pestais contre ces maux. Cela devenait une habitude, je me réveillai toujours après avoir vu ses yeux, le c½ur battant à tout rompre. Et comme chaque jour, à six heures, je me rendis à la salle de bain et entreprit de faire ruisseler de l'eau chaude sur mon corps glacé par la nuit. Quelques jours après cette découverte, je me souvins que mon frère nous quitta, dès sa majorité atteinte. Je n'avais rien révélé à mes parents de ce que j'avais vu, mais il décida tout de même de s'en aller.
Je n'ai plus jamais entendu parlé de lui.
---Désormais, j'étais un beau jeune homme dont le c½ur ne demandait qu'à être volé. Sortant de la douche, une longue serviette de bain autour de moi, je me dirigeai vers le somptueux miroir qui dominait un lavabo en marbre blanc. J'y voyais mon reflet avec une certaine fierté. Il fallait l'avouer, je n'étais pas moche du tout, et mes cheveux caramels en batailles me rajoutaient cette touche que certains et certaines n'avaient pas. J'avais l'air d'un ange, un gentil garçon bien élevé, qui avait d'excellentes notes à ses contrôles. Ce que j'étais avec exactitude. Oui, j'étais une de ses personnes qui pensaient aux bien-êtres des autres avant le leur, qui étaient toujours serviables, souriants, et polis, qui s'entendaient très bien avec tout le monde. J'étais le petit Azur, bientôt majeur, que presque toute la ville connaissait et avait vu grandir. Même le maire, à force de me voir lire les discours commémoratif, m'aimait bien et me connaissait. Bref, j'avais tout pour être heureux.
---Sauf l'intelligence d'oublier cette malheureuse nuit. Je ne comprenais pas, à cette époque, mon esprit jeune avait été profondément choqué. Jamais je n'aurai pu imaginer autre relation que garçon/fille dans mon petit esprit puéril. Mais maintenant, j'étais ouvert, mais je continuais, inlassablement, à faire et refaire ce même cauchemar.
---Je quittai silencieusement la salle de bain avant de me rendre dans la cuisine pour déjeuner. J'avais beau manquer de sommeil, j'avais le devoir de me rendre en classe, comme tout bon élève qui dormirait normalement. Je devais garder mon rythme quotidien pour m'assurer un futur digne de celui de mes parents. J'engloutis sans un mot de plus mon bol de céréales.
---Après environ deux heures de jeux vidéos, il me fallait partir pour l'arrêt de bus. Notre petite ville ne possédait pas de lycée, j'étais donc obligé de prendre ce transport en commun pour me rendre en cours, et voir les mêmes têtes.
---L'esprit pensant, je ne me rendis même pas compte que j'étais sorti du bus, et que j'étais désormais en classe, assis sur une chaise inconfortable. J'étais dans la fond, et sur le côté fenêtre, et comme souvent, je me laissais aller à observer les oiseaux, ou selon la saison, la neige, la pluie, le soleil éclatant. Le ténor du professeur me sortit violemment de mes songes.
« -Bien le bonjour à tous.
-Bonjour professeur. Chantèrent en c½ur les trois quarts de la classe, excepté moi.
-J'ai une grande nouvelle à vous annoncer. Un nouveau directeur va prendre la place de l'actuel.
Cette seule phrase suffit à rendre la classe effervescente. La plupart du temps, c'était des soupirs de soulagement et des affirmations de bonheur. Notre proviseur n'était pas quelqu'un de très sociable, et rares étaient les gens qui l'appréciaient.
-Silence! J'aimerais que vous accueillez le nouveau directeur comme il se doit. Des questions?
Un froid plana sur les élèves, quand une jeune fille leva la main. Tout les regards se tournèrent vers elle.
-Heem... Professeur? Est ce qu'il est jeune?
-Oui.
D'autres filles levèrent alors aussitôt la main. Beaucoup furent soudain intéressées par le profil du nouveau dirigeant. Sauf moi, bien entendu, qui continuait à écouter leurs paroles de manières distraites.
-Est ce qu'il est beau?
-Est-il marié?
-Quel âge a t-il?
-Comment s'appelle t-il?
-Il couche?
-AH! Ça suffit hein! S'écria Mr.Sorbièle. Mademoiselle Marie, une heure de colle pour avoir posé une telle question. Quand à vous autres, rasseyez vous. Nous reprenons le cours. »
J'avoue ne pas avoir pu retenir mes rires lors d'une question de type indiscrète, dont le possesseur venait de se faire punir. Le cours reprit difficilement et je pus derechef me plonger dans la contemplation de l'extérieur.
---Je ne le montrais pas, mais autant que les autres, j'avais hâte de voir ce nouveau directeur.
Chapitre II: Impressions.
Une semaine venait de passer, et au lycée, l'on n'avait plus qu'un sujet en tête: Le nouveau directeur. Une forte rumeur s'était propagée dans toute l'établissement comme quoi ce jeune homme était une personne d'une laideur incomparable, encombrée de boutons, et obèse comme deux vaches. Certains prétendaient même l'avoir déjà rencontré et vantaient alors avec allégresse son physique soi disant horrible. Moi, bête comme je l'étais, je les croyais. Tout simplement parce que je ne l'avais jamais vu, et parce que les élèves semblaient stupidement sur d'eux. Mais bon, peu m'importait, tant qu'il n'était pas aussi antipathique que le précédent...
Il devait arriver le lendemain, un Vendredi. Si j'avais autant hâte que les autres de le rencontrer, je n'en devenais tout de même pas hystérique, comme certaines filles. Je savais d'ors et déjà que je ne verrais que très rarement ce directeur. En effet, n'étant pas un élève à problèmes, je n'avais jamais eu l'occasion de visiter le bureau de l'ancien dirigeant. Mais cela ne m'importait guère en fait.
Je sortis de mon cours de math' qui clôturait cette longue journée. Il ne me suffisait plus qu'à me rendre dans le bus pour pouvoir rentrer chez moi, faire mes devoirs, et m'écrouler sur le lit. Sur le chemin du retour, après m'être extirpé du transport en commun, je me rendis compte que les volets du manoir voisin à notre villa étaient ouverts. C'était la bâtisse la plus grande de la ville, réputée depuis longtemps pour son absence de propriétaire. Ce fut donc un léger choc qui violenta mon c½ur. Si j'avais bien compris, quelqu'un venait d'emménager juste à côté de notre propre logis. La jalousie dansait fièrement comme une flamme en moi. Curieux de nature, j'entrepris de jeter un ½il à la boîte aux lettres, où je vis inscrit le nom de « Kurohana Denrave ».
Une deuxième surprise me serra la gorge. Était-il possible que l'un de ces riches millionnaires puissent habiter ici?! Edward Kurohana était un homme très connu de la région, et même du pays. Il possédait à lui seul plusieurs entreprises qui traitaient diverses marchandises, et une fortune colossal. Cependant, il y' a environ une dizaine d'années, il fut tué on ne sait pas comment. Et voilà qu'un des membres de sa famille venait acheter un manoir dans notre petite ville?
Je n'en croyais tout simplement mes yeux.
Ce n'est que quand j'entendis le klaxon d'une voiture que je me rendis compte que je me trouvais en plein milieu de la route. Retrouvant mes esprits, je me décidai à rentrer chez moi.
Peut être que ce n'était pas un de ses fils finalement. Simplement une personne qui avait le même nom, et qui possédait assez d'argent pour habiter dans le manoir le plus grand de la ville... On pouvait trouver des Kurohana comme des Garcia, ou des Lopez, non? Tout en pensant, j'effectuais les nombreux calculs judicieusement donnés par notre professeur. J'eus terminé en quelques minutes, le plus long pour moi étant d'écrire. Désormais installé devant mon ordinateur, je troquais tout ces petits tracas pour des stratagèmes de jeu. Le temps passa plus vite que pour les autres jours, et je me retrouvais bien rapidement assis à table en face de mes parents, devant une assiette remplie de viande et de riz.
Ma mère, histoire d'entamer une conversation, me rappela l'arrivée du nouveau directeur pour le lendemain. Je l'avais mise au courant, bien sûr, mais les paroles me manquèrent et cette tentative de discutions devint vaine. Nous mangeâmes donc en silence.
---Cette nuit là, pour la première fois, se passa dans le calme. Je n'avais pas fait ce cauchemar, je ne m'étais pas réveillé tôt... Si bien que je ne me réveillais pas du tout. J'avais perdu l'habitude d'enclencher mon réveil, et je fus bien bête devant mon père affolé qui venait de me tirer de mes songes. Une heure de retard... Je ne pensais pas que cela pouvait un jour m'arriver. Hébété, surpris, je m'habillais maladroitement, sans me rendre compte que mon t-shirt était à l'envers.
---Je me demandais si nous n'étions pas un Vendredi 13, car à peine arrivé au lycée, le nouveau directeur me convoqua dans son bureau à travers un mot. Ah, je l'avais oublié celui là! Je n'arrivais pas vraiment à comprendre. Je venais d'effectuer mon tout premier retard, et j'étais convoqué dans son bureau. N'était ce pas trop injuste ce nouveau système? Je râlai, ce que le professeur entendit. Il me sermonna, en me disant que ces temps ci, je filais du mauvais coton. Mais quel mauvais coton?! Je n'avais absolument rien fait d'autre que d'arriver une heure en retard en cours!
---L'heure du premier service arriva, et en parallèle, celle de mon rendez-vous. Il n'y avait qu'un seul point positif: J'allais voir son visage. Je soupirai, tout en me rendant au bureau du proviseur. Mon c½ur se figea en lisant la plaque dorée accrochée à la porte en verre translucide.
---« Mr. Kurohana Denrave »
---Je ne bougeais plus, le regard glacé sur ces lettres. Mon nouveau voisin, était également mon nouveau directeur...? Qui plus est, peut être le fils, le cousin ou le neveu d'un milliardaire...? Mon envie d'entrer s'était évanouie, et bientôt, je ressentais de la peur et le besoin de m'échapper. Mes mains restaient dans mes poches et ne semblaient pas vouloir se poser sur la poignée. J'étais terrifié par l'homme qui se trouvait derrière ce panneau, et que je ne connaissais même pas, mais qui habitait à deux pas de chez moi.
---Et puis, je n'étais pas forcé d'entrer non?! Si je ne le voyais pas, je me ferais simplement punir, et tout irait bien qui finissait bien! De plus, qu'avais-je fais? Rien. J'étais un élève sérieux et modèle, facilement pardonnable avec mes yeux miels et tendres. Non, décidément, je ne voulais pas franchir la barrière qui nous séparait.
---J'entendis des voix. Entre autre celle bien connue de la secrétaire, douce mais ferme. Et une autre, que j'essayais de reconnaitre. En vain, puisque c'était celle du nouveau proviseur que je ne connaissais pas. Un frisson parcouru violemment mon corps sur toute sa hauteur. J'avais beau me répéter que cette voix m'étais inconnue, une partie de moi s'obstinait à faire un lien avec le magnifique timbre de mes rêves. Mon souffle se coupa, et je reculai pour m'asseoir sur une chaise d'un rouge criard, déposée contre le mur, près du bureau de la secrétaire.
---Trop de chose en peu de temps étaient survenues dans ma tête, et je ne tenais plus le coup. Je devais rêver, cela ne pouvait être que ça. Comme si que l'ex petit-ami de mon frère pouvait être mon directeur et mon voisin! Je repris un rythme cardiaque correct, un souffle normal, après avoir réussi à me rassurer. Oui, c'était totalement impossible, puisqu'il avait déménagé en Angleterre selon les informations de Mike. Un sourire de soulagement s'étira sur mes lèvres.
---Puis où était le mal à être le voisin de son directeur? Nul part. Je me dirigeai donc vers la porte, la conscience tranquille.
---Mais j'avais bizarrement toujours ce n½ud dans mon ventre, qui ne semblait pas vouloir se défaire. C'était trop tard de toute façon, puisque je vis une silhouette se rapprocher de la barrière et déposer une main sur la poignée. Cette silhouette n'était autre que celle de Mme. Andréas qui venait d'ouvrir le panneau. Elle m'adressa un sourire tendre, avant de sortir entièrement du bureau du proviseur et de laisser légèrement entrouverte la porte.
---Je fis quelques pas, afin de pénétrer dans la pièce.
Chapitre III: Lui.
---D'abord, je ne vis que le dos de son siège noir en cuir. Le directeur semblait observer la baie vitrée, ce qui me cacha la vue sur son physique. Bien qu'il soit resté dans le mystère, mon c½ur s'affolait. Je ressentais en moi comme un mauvais pressentiment, quelque chose de néfaste qui arriverait plus vite que ce que je ne pourrais le penser. Et pourtant, tout était normal. Le mur était de couleur argent, le bureau en ébène recouvert d'une peinture métallisée noire, le tapis blanc, la lumière agréable et diffuse, le parfum de la pièce discret mais étrangement sensuel. Seule l'atmosphère me semblait lourde et intenable.
---J'aperçus le fauteuil pivoter, mouvement qui à mes yeux semblait durer une décennie. J'allais bientôt voir ce visage, dans seulement quelques secondes, quelques terribles secondes qui s'écoulaient avec une lenteur sans pareille.
---Puis je vis ce qui me semblait être un ange. Un être doté d'une telle beauté que mon c½ur en rata un battement. J'eus la terrible impression de ne plus pouvoir respirer en observant ses yeux. Mon cerveau ne calculait plus rien, il analysait seulement la personne qui me faisait face, et qui venait de se lever. Je crus que je tombais, et cette sensation me parut si réelle que je me mettais à tituber.
---Pourtant, mon regard restait fixé à ses iris argents. Symboles d'acier en fusion, captivants comme deux diamants finement taillés dans une pierre grossière. La forme des yeux, allongée et fine, aurait pu être la copie de celle d'un asiatique, mais il y'avait ce quelque chose qui nous faisait plutôt penser au regard d'un prédateur, d'un serpent, ou d'un chat...
---Je parlais de ses yeux, mais sa chevelure aussi était sublime à en mourir. Lisse et longue jusqu'aux cuisses, d'une couleur étrangement noire qui tirait vers le bleu. J'eus la soudaine impression que ma main se dirigeait vers cette soie liquide qui me semblait faite par des anges. Mais cela ne restait qu'une impression, car depuis tout ce temps, j'étais resté figé devant la magnificence de cet homme.
« - Bonjour Gabriel.
Mes yeux s'écarquillèrent de terreur. Cette voix, je la connaissais, j'en étais certain.
-B...Bon...B'jour...
-Je venais de terminer de lire tes résultats. Vraiment étonnant.
Ma gorge se noua.
-M...Merci.
-Allons, détends toi veux tu? Je voulais simplement... Rencontrer le meilleur élève de ce lycée.
Mon ventre semblait résister à de nombreux coups de poings. Je voulais sortir d'ici le plus rapidement possible. Le directeur se dirigea vers moi et glissa un index à l'ongle long et fin sous mon menton, pour relever mon visage à son niveau. Je ne pus m'empêcher de remarquer que sa peau était étonnamment froide et douce. Un frisson parcourut mon dos, alors que je me rendais compte de l'envie qui me tenaillait l'estomac. Je voulais que cette main aille plus loin, qu'elle frôle mon torse, qu'elle joue avec ma gorge, qu'elle griffe mes épaules...
-Il me semble que tu es mon voisin, Gabriel.
-Je...Oui... Je crois...
-Amusant... »
Est le dernier mot que j'entendis de sa bouche. Il se retourna, faisant virevolter ses cheveux derrière lui, et après un geste signifiant le consentement de mon départ, il se rassit dans son fauteuil. Je ne le montrais pas, mais j'avais hâte de franchir cette porte.
---Arrivé à l'extérieur du bureau, je m'écroulai à terre. Une douleur lancinante traversa mes genoux, mais je n'y fis pas attention, trop absorbé par le choc mental que je venais de subir. Ses yeux, ses cheveux, ce timbre de voix... Non, ça ne pouvait pas être lui. C'était impossible, pourquoi était il revenu d'Angleterre? Que faisait-il ici? Pourquoi devenir le directeur du lycée où j'étudiais? Pourquoi devenir directeur tout court?!
---Les terribles images qui me hantaient chaque nuit me revinrent en mémoire. Il était exactement pareil, n'avait pas prit une seule ride, rien. Son regard était toujours aussi calculateur et froid, en plus d'être dénué du plaisir qui l'avait envahi cette nuit là. Mon corps ne cessait de trembler. Savoir que cet homme était si proche de moi à l'instant était effrayant et terrifiant. Je me souvenais de la douleur qui m'avait tiraillé en l'apercevant avec mon frère. Tout me revenait en image encore plus précises que dans mes rêves. J' haletais, je ne respirais plus.
---Et je restais ainsi durant un moment, jusqu'à sentir au dessous de moi le carrelage froid et dur.
---« -Hey! Ça va? »
Le néant. Tout était néant autour de moi. Je ne voyais que le noir, et de temps en temps, ce regard acier glisser sur moi. Je ne comprenais plus, je ne comprenais rien. Je ne sentais même plus le froid du sol me transpercer la peau. Où étais-je? Et pourquoi ne voulais-je plus ouvrir les yeux? J'étais à demi-conscient sûrement, en train de chercher la lumière au bout du tunnel. Un sourire traversa mon visage, enfin, ce que je crus.
« -Mme. Il a sourit. »
Je ne le croyais pas. J'en étais sur à présent, je venais de sourire. Mon esprit me revenait peu à peu, et je trouvais alors difficilement la force d'ouvrir les yeux. La première chose que je vis était le plafond blanc et haut. Puis l'odeur typique des hôpitaux me parvint, et je compris que je me trouvais à l'infirmerie. Mais que faisais-je ici? Je ne me rappelais de rien, sauf d'être sortis du bureau du directeur.
---Mon regard croisa un autre. Vert et bleu. Ce jeune homme, qui me regardait intensément était vairon. Il possédait des iris magnifiques, je devais l'affirmer.
« -Comment te sens tu?
Me parlait-il? A moi...? En observant son regard planté dans le mien, j'en conclus que oui. Je voulu me relever, mais il m'arrêta, je ne compris pas pourquoi.
-Bien... Pourquoi... Pourquoi suis-je à l'infirmerie...?
-Tu étais devant le bureau du directeur, et je passais par là quand je t'ai vu faire un malaise. J'ai alors eu le réflexe de t'emmener à l'infirmerie.
-Qui était un très bon réflexe. Merci Azur.
-De rien Mme. Jay.
J'avais donc fait une chute de tension. En réalité, je ne m'en croyais pas du tout capable, et me demandais comment diable avais-je bien pu faire pour tomber ainsi. Le choc avait-il était aussi grand?! Non. Ce devait être un manque de sommeil, ou de nourriture...
-Merci. »
La conversation se conclut malgré moi, puisque je m'endormis aussitôt. J'étais épuisé, mais je ne savais pas pourquoi. Mes bras étaient engourdis, mais jambes douloureuses, et il me semblait que mon cerveau ne voulait pas fonctionner.
---Denrave... Seul ce prénom restait gravé dans mon esprit. Ce qui engendra un rêve, ou plutôt un cauchemar pour moi, de type réservé aux adultes... Je me réveillai en sursaut et vit l'infirmerie vide. Je me rallongeai de nouveau, haletant et transpirant, avant de repenser à ces yeux vairons.
---Et pour la deuxième fois en une journée, je me rendormis.
Chapitre IV: Envie.
---Les jours passèrent. Samedi, dimanche, lundi, mardi... Je n'avais plus l'envie de me rendre au lycée, car j'y trouvais là le moyen de penser, et de me remémorer cette allure hautaine qu'arborait le directeur. J'étais troublé, au plus profond de moi. J'envisageais d'un autre ½il les relations d'homme à homme, à mon grand étonnement. Denrave bousculait mon c½ur, j'en étais certain.
---Ce mercredi, je me surpris même à imaginer un scénario entre lui et moi. J'en frissonnais encore, alors que j'inventais la texture délicate de sa peau contre mon corps, l'odeur précieuse de ses lèvres, le goût exquis de sa langue entremêlée à la mienne, la cascade luxuriante de ses cheveux voilant mon visage, et l'élixir d'acier de ses yeux reluquant ardemment chaque zone de mon cou. Je secouais la tête, tentant de mettre fin à ces pures idioties. Comment avais-je pu imaginer ce genre de relation?!
---J'essayais de le haïr, de le détester, de le rejeter, mais je savais pertinemment que son visage me manquait. Chaque fois que je me perdais à penser qu'il était dans le même établissement que moi, mon c½ur entamait une samba endiablée. Cette sensation, bien que curieuse, me donnait froid dans le dos, mais m'excitait: Il était le prédateur, moi la proie. Je le rencontrais quelque fois à la cantine, et chaque fois, ses yeux me rappelait celui du chasseur. Comme le soir d' il y' a 3 ans.
---Je ne voulais plus le revoir, pensant que ma blessure guérirait, mais j'avais mal, terriblement mal quand je ne croisais pas son acier lubrique au self'.
---Malheureusement, mon envie ardent de l'approcher l'emporta sur tout. Et je fis, ce qui sur le moment, ne me semblait pas être une bêtise: demander une convocation. Ce désir brulait tout au fond de moi comme un brasier aux milles flammes, léchant joyeusement l'atmosphère de ses vagues sanguines. J'étais fou, suicidaire, inconscient, mais je ne le savais pas. J'étais terriblement aveuglé par cette envie, ce charme, cette attirance.
---Mardi. Je montais les escaliers dans un état d'excitation intense. Mon c½ur semblait vouloir rompre la chair de mon torse, mon corps tremblait d'appréhension, ma peau devenait pâle sous l'effet de la folie. Je me retrouvais alors derechef devant cette porte ce qui me fit réfléchir au pourquoi de ma visite. De quoi allais-je bien pouvoir parler finalement...? Mon c½ur s'emballa frénétiquement au contact de ma main sur la poignée. Le panneau s'ouvrit pour laisser place au bureau que je reconnaissait, à force d'en rêver.
---Voilà, j'y étais, devant ce jeune homme, qui portait là une tenue qui ne me laissait pas indifférent. Chemise bordeaux de satin entrouverte sur son torse imberbe, pantalon noir et fluide, chaussures de grandes classes, ruban sombre noué autour du cou... J'en perdais presque connaissance.
« -Gabriel?
Une secousse se dispersa dans mon corps alors que son doux timbre venait de me réveiller.
-O...Oui...? Bégayais-je.
-Pourquoi voulais-tu me voir? Me demanda t-il d'une mélodie douce.
-Je...Je...J'avais besoin...De parler.
-Assieds toi alors, et parle.
D'un geste de la main, il m'invita à me poser sur une chaise, disposée devant son bureau. Denrave se leva de son fauteuil pour venir s'asseoir sur l'angle du bureau le plus proche de moi. Il avança alors son visage vers le mien, avant de murmurer d'une voix envoutante:
-De quoi voulais-tu me parler?
Je frissonnais devant la proximité de nos lèvres.
-Je...De...Mes notes...?
-Oh. Je vois. Tes notes...
Le directeur se leva et vint derrière moi, encerclant mes épaules de ses bras fins. Il continua en susurrant à mon oreille:
-...Sont excellentes. Elles méritent même une récompense...
---J'eus de la peine à entendre le dernier mot, car il s'amusa à mordiller mon oreille. Voilà, j'y étais, ce que j'attendais. Devais-je reculer maintenant, et y mettre fin? Ou subir la conséquence de mes actes? Après tout, je l'avais voulu, tant pis. Je me résignais donc à savourer le parfum délicat de sa peau, alors que son index passait dessous mon menton, pour relever mon visage vers le sien. Mes yeux plongèrent dans l'argent en fusion de ceux de Denrave, avant de se perdre dans sa chevelure. Je sentis la texture ferme de ses lèvres frôler mon cou pâle, ce qui engagea un frisson dans tout mon corps. J'entrevis dans ses caresses un sourire qui m'ôta toute résistance. Les grains de ma peau réagissaient aux baisers brulants de promesses luxurieuses.
---C'est quand je décomposais chaque douceur de ses doigts qui plongeaient vers mon décolleté que j'entendis soudainement que l'on frappait à la porte. Le directeur s'écarta vivement de moi avant de dire à l'intrus d'entrer. Moi, j'étais dans un état second, et je ne compris pas tout de suite qui venait d'apparaître. Ce n'est que quand j'entendis sa voix que je reconnu le jeune homme qui m'avait secouru la dernière fois. Je repris contenance et me leva avant de sortir de la pièce, ayant bien compris qu'ils devaient parler. Je fis un sourire à Azur en passant, qu'il me rendit avec allégresse.
---Mon c½ur battait à tout rompre sous le choc émotionnel que je venais de subir. J'eus du mal à ne rien laisser paraître durant la fin de la journée, et m'écroulai sur mon lit aussitôt que j'arrivai. La nuit fut agitée, et le lendemain, je ne me relevais pas. La fièvre avait gagné mon corps, et provoquait un de ces terribles mal de tête. Mes parents décidèrent de me garder à la maison avant de partir travailler.
---J'eus toute la journée pour repenser à la veille, aux sensations que j'avais ressentis, au désir brûlant qui m'avait secoué. Plus les souvenirs me revenaient, et plus je me dégoutais, au final. Je m'en voulais, terriblement, d'avoir pu aussi facilement succomber à son charme. Je devais mettre un terme à cette relation immédiatement, au risque que ma blessure ne s'empire. Il me suffisait de ne plus le voir, de souffrir durant quelques mois, et de revivre convenablement. Je devais trouver un prétexte pour m'éloigner de lui le plus possible. Ce malaise était étrange, mais me tourmentait. Je me sentais mal d'avoir été touché de cette façon par un homme, d'avoir eus cette envie, d'avoir même pu imaginer ce genre de caresse. J'étais souillé, humilié par le souvenir de mon frère et de ce Denrave.
---Dès que je revoyais ce visage dans mon esprit, je voulais pleurer. Pleurer milles larmes, jusqu'à ne m'en plus arrêter. Je voulais aussi vomir, me recroqueviller, ne plus vivre presque, tellement mon attirance me débectait. Je me levai pour fermer les volets de ma chambre, et pleurer silencieusement mon chagrin d'amour. Je ne VOULAIS plus le revoir, plus du tout, mais j'avais mal quand même, parce ce que je ne le verrais pas. J'étais bouleversé, chamboulé, je ne savais plus ce qu'il fallait faire ou pas.
---Je m'endormis difficilement, et à mon réveil, je savais ce que je devais faire. C'était la meilleure solution, le choix le plus prudent, le plus mature peut être, même si il m'était ardu de le concevoir.
Chapitre V: Changements.
---Le lendemain, je me réveillais plus décidé que jamais. Si je voulais en finir c'était maintenant ou jamais, et de cette manière et pas d'une autre. Je descendis, après m'être nettoyé, et me dirigeai vers mes parents. Il me regardèrent d'un air interrogateur, s'attendant à quelque chose de surprenant. Je pris alors une grande bouffée d'air et dit:
« -Maman, Papa, je voudrais changer de lycée.
Un silence pesant suivit mon étonnante déclaration. Ils se regardèrent, ne sachant pas quoi dire, trop surpris par ces paroles inattendues.
-Mais enfin Gabryel...Pourquoi...? Me questionna ma mère d'un voix douce.
-Je...Cela ne concerne que moi...soufflais-je.
Mon père se leva et m'encercla de ses bras rassurants. Il ébouriffa mes cheveux, avant de me dire:
-Tu sais Gabryel, tu peux tout nous dire...Mais soit. Je ne souhaite que ton épanouissement...
-Mais enfin chéri... Pouvons nous réellement...le coupa Hélène.
-Hélène, laisse ton fils choisir sa voie, répondit-il, un sourire bienveillant aux lèvres.
-Merci papa, merci maman. »
Ma mère s'approcha de moi et caressa ma joue, avant de se diriger vers le téléphone. A ses paroles, je compris qu'elle téléphonait au lycée, pour régler mon transfert. Je montais alors dans ma chambre, profitant déjà de ma future liberté. Je ne verrais plus ce directeur.
---Je me rendormis paisiblement, profitant de ma journée de repos.
---Le lendemain, ma mère m'informa que je devais me rendre au lycée pour régler les papiers. Ce que je fis, sans rechigner. Je me rendis donc au secrétariat pour demander le dossier de transfert. Mme.Andréas me sourit tristement avant de me demander la cause de mon transfert. Je lui répondis que c'était pour raison personnelle, elle ne chercha pas à en savoir plus. Après avoir terminé de remplir tout les champs, elle me fit remarquer qu'elle ferait passer le dossier au directeur, et que j'allais sûrement être transféré d'ici une à deux semaines. Je repartis du lycée le c½ur léger.
---Dans la rue, j'aperçus Azur assit sur un banc, non loin du parc. Je me dirigeai alors vers lui, le c½ur serré. Arrivé à ses côtés, je me décidai à parler.
« -Salut, Azur.
Il tourna le visage vers moi, la mine surprise.
-Hey! Salut Gabryel! Que fais tu ici? Me demanda t-il, interrogateur.
-Je...Je viens de rendre mon dossier de transfert. Et toi?
-Tu pars du lycée? Moi? Je séchais les cours, me répondit-il.
-Oui...Je pars...
Je baissai les yeux, observant la terre qui semblait soudainement passionnante. Un silence suivit ma réponse.
-Merci...soufflais-je.
-Hm?! Pourquoi?!
-Tu ne m'as pas demandé pourquoi...
-Aah...Oh tu sais, ce sont tes affaires...
Je m'assis à côté de lui et me mit à observer les arbres alentours.
-Même si cela m'attriste...
---Je relevai mon visage vers lui, surpris par cette déclaration. Je me rendis compte que son visage était plutôt proche du mien, ce qui me gêna. Je sentis mes joues bruler, et mon c½ur battre vite. Mon regard glissa de ses yeux à ses lèvres qui semblaient n'être qu'à quelques millimètres des miennes. Son visage se rapprochait, doucement, tandis que le temps pour moi semblait s'être arrêté. Je ne pensais plus à rien, sauf à cette proximité qui me troublait. Mais j'étais comme paralysé, je ne tentais pas de reculer, je l'attendais peut être. Le vent souffla, éparpillant les pétales blanchâtres des arbres, alors que je n'entendais plus rien. Je ne voyais qu'Azur, lui et lui seul.
---Puis ce qui devait arriver arriva. Je sentis le doux contact de ses lèvres soyeuses se poser contre les miennes. Alors que mes yeux se fermaient d'eux même, pour que je puisse savourer à loisir ce magnifique baiser. Un sentiment indescriptible s'empara de moi, je ne sentis plus mon c½ur battre, je n'entrevoyais plus mes muscles réagir, je m'abandonnais alors que je sentais des mains se joindre à mon dos. La pression entre nos bouches augmenta et bientôt je perdis pied. Ma langue passa d'elle même sur la chair tendre des lèvres d'Azur qui s'entrouvrirent pour laisser libre le passage. L'humidité de sa langue me fit frissonner de plaisir. Je ne pouvais pas penser que ce genre de péripétie pouvait m'arriver dans un tel moment. Des doigts jouèrent avec mes cheveux, une main vint frôler mon cou, puis se réfugier sous mon haut. Je ne me lassais pas de ces doux contacts qui me faisaientt perdre pied. Mais bientôt, je sentis nos bouches s'éloigner, afin que nous puissions respirer. J'ouvris lentement les paupières, le temps d'encore apprécier cette douce caresse, avant de plonger mon regard dans celui d'Azur.
---Il me sourit tendrement, avant de se lever et prendre ma main en silence. Je ne savais pas quoi dire, j'étais encore sous le coup de l'émotion. Mon index passa sur ma bouche, comme pour me prouver que tout ça était bien réel. C'était fantastique, incroyable!
---Je ne me rendis pas compte que le temps passait, et je me retrouvai devant ma maison, toujours la main dans celle d'Azur. Il m'adressa un clin d'½il et s'en alla, sans un mot de plus, me laissant bêtement devant la porte de chez moi. Je ne savais pas quoi faire, mais j'étais heureux, terriblement heureux. Je rentrais à la maison, constatant avec bonheur que mes parents n'y étaient pas. Ils devaient sûrement travailler.
---J'allumai la TV, ressentant un besoin excessif de me changer les idées. Malgré ma volonté, mon c½ur ne cessait pas de battre à tout rompre, j'étais encore bouleversé par ce baiser. Le premier. Le premier baiser que je recevais. J'éteignis le téléviseur, constatant bien que cela ne me servirait à rien de regarder une émission où l'on vous apprenait à cuisiner un gratin courgettes et oignons...
---J'inspirai et expirai calmement, avant de monter les escaliers d'un pas lent. Je me rendis à la salle de bain, histoire de me rafraichir le visage. Penché sur le lavabo, je fis couler l'eau entre mes mains, avant de l'appliquer sur ma peau. Elle était froide, ce qui me réveilla brutalement.
---Je relevai le visage pour observer mon reflet dans la glace. Les joues rosies, le teint pâle, les cheveux en batailles, le regard illuminé, j'étais mignon, mais visiblement chamboulé. Je me souris à moi même, ému par ma propre apparence. Puis je me dirigeai vers ma chambre où je me laissais lourdement tomber sur le lit.
---La sonnerie de l'interphone retentit désagréablement dans toute la villa. Remit de mes émotions, je me levais mécontent pour me rendre à la porte d'entrée. Mais qui pouvais venir me rendre visite à cette heure ci?! Remarque, il n'était que 6h32 du soir, mais tout de même. De toute manière, cela ne pouvait pas être mes parents, puisqu'ils finissaient généralement vers les 9h. C'était donc un invité surprise qui venait.
---J'ouvris la porte, avant d'ouvrir de grands yeux vers le visiteur. Mais que faisait-il ici?! Lui?! Que je voulais à tout prix éviter?! Je reculais, pris d'une soudaine panique.
---Pourquoi Denrave était-il ici...?
Chapitre VI: L'interdit.
---Un pas, deux pas, puis trois... Je ne cessais de reculer à la vue de cet être inhumainement beau. Je le vis entrer et fermer la porte derrière lui, avant de me gratifier d'un regard que je ne pouvais pas décrire... Un regard de prédateur, qui ne présageait rien de bon... Je tremblais et je le sentais. J'avais peur, peur du pourquoi de sa venue, peur de retomber dans la passion...
Peur de lui.
---Il avança, je reculai. Et cela continua jusqu'à ce que j'atteigne le mur. Je ne pouvais plus reculer, je me sentais terriblement piégé. Inconsciemment, je savais déjà ce qui m'attendait, mais je ne voulais pas l'admettre.
« -Et bien Gabryel... Je viens d'apprendre que tu souhaitais changer de lycée...?
Je m'agrippai au mur, tentant désespérément de ne pas glisser jusqu'à terre.
-C'est...C'est exact...Bégayais-je.
-Hmm...C'est tellement dommage...Susurra t-il à mon adresse, d'une voix totalement bouleversante.
Puis je sentis son odeur, cette odeur si enivrante, conséquence de sa soudaine proximité. Je le voyais en face de moi, une de ses mains posée sur le mur, de façon à ce que je ne m'échappe pas. Mais je ne pouvais pas, acculé au mur, je ne pouvais qu'admirer ses yeux et ses cheveux, sans pouvoir faire quelque chose. Je sentis son souffle sur mon visage, sa proximité s'aggravait. Mais je ne pouvais toujours rien faire. J'étais piégé, aussi bien physiquement que mentalement.
---Il avait cette aura qui me renversait. Qui m'empêchait d'être ce que j'étais, qui m'obligeait à lui obéir, sans le contredire. Cette aura qu'on les prédateurs face à leurs proies. Mais ce prédateur là était bien plus dangereux...
---Car il était attirant. J'étais à deux doigts de lui succomber, de mourir d'amour entre ses bras. Mais dans un dernier effort, sûrement vain, je le repoussais. Il ne lutta pas, et je pu m'enfuir. Je courus, courus désespérément, courus sans m'arrêter, comme pour l'oublier, pour échapper au danger. Puis je m'enfermais dans ma chambre, cherchant du regard la clé. Je ne la trouvais pas. Et j'entendais, j'entendais les pas du prédateur qui venait tuer sa proie, j'entendais le son de la fin, j'entendais la mélodie qui me plongeait dans un bouleversement terrible. Alors je reculais, je reculais, regardant la porte, craignant le moment où elle s'ouvrirait, craignant le moment où le prédateur apparaîtrait.
---J'aurais pu reculer, encore et encore, jusqu'à n'en plus finir, mais mon lit m'arrêta et je ne pus aller plus loin. Le grincement de la porte en bois retentit à mes oreilles comme le son d'une fin inextricable. Je me voilais la face. Je ne voulais pas échapper à Lui, mais au désir que j'éprouvais quand je le regardais. A l'envie qui me tenaillait de le caresser, et de sentir sa peau contre la mienne. J'étais un trouillard, et sûrement fou amoureux. Mais je ne l'admettais pas non, je ne voulais pas l'admettre. Ou plutôt, j'en étais incapable.
---Il apparut, entrainant avec lui cette rare beauté. Ma chambre était sombre, et l'obscurité régnait en maître dans la salle. Mais je pouvais tout de même entrevoir cette silhouette magnifiquement découpée qui s'approchait de moi, qui provoquait en moi des sueurs froides, comme des bouffées de chaleur. Si seulement j'avais pu ne pas l'aimer, ou ne pas le rencontrer...!!
---Denrave arriva à ma hauteur, et déposa le plat de sa main sur mon torse. Je ne luttais pas, car mon corps le désirais, et inconsciemment, mon esprit. Je tombais sur les épaisses couettes de mon lit, suivit de près par le prédateur. Je le vis se mettre à quatre pattes au dessus de moi, et sentis qu'il glissait son genou entre mes jambes. Ce contact, je l'avoue, m'excita. Mais je n'en montrais rien. Il ne pouvait pas gagner! Pas encore...
---Je luttais, tentant 'calmement' de le repousser, mais ma force n'était rien comparée à la sienne. Son visage se rapprocha du mien, avant de fondre vers mon cou pour le couvrir de baisers brulants. J'appréciai ce contact, mais je ne pouvais pas me laisser faire, je ne pouvais pas...
« -Non...Denrave...Arrêtez...
-Ne me tente pas plus... Susurra t-il à mon oreille.
-Arr...Arrêtez...Vous ne...Vous ne pouvez...P... »
Il mit fin à ma phrase précipitamment, en joignant nos lèvres dans une subtile pression. C'était un baiser, comme avec Azur... Mais celui là n'avait pas le même goût...La même signification...Sa langue traversa la barrière de ma bouche pour rejoindre sa jumelle, alors que je le frappais, essayais de le repousser. Mais mes forces me quittèrent bientôt, et je du abandonner. Nos lèvres se séparèrent, je sentis la fraicheur de sa main se perdre dans mon cou, avant de défaire un à un les boutons de ma chemise. J'haletais, mais je ne voulais pas... J'étais enfiévré, mais je ne pouvais pas... Que faire dans ce cas là? Je sentais mon corps réclamer celui divin du directeur, mais mon esprit le rejetait, inlassablement.
---Fatigué...J'étais fatigué...Je ne voulais plus me battre, je n'en avais plus l'envie. Je ne l'arrêtai pas quand il défit le dernier bouton de mon haut, et pas non plus quand il défit l'attache de mon pantalon. Je sentais mes joues rougirent, et contre mon gré, le plaisir m'emporta. La main experte de Denrave, qui caressait mon torse avec une habilité impressionnante, me forçait à aimer ses caresses.
---Un gémissement franchi la barrière de mes lèvres quand je sentis ses dents jouer avec les boutons roses de mes pectoraux. Mon visage bascula un peu plus en arrière, alors que les doigts glacials de Denrave s'immisçaient doucement dans mon pantalon. J'entendis le zip de ma braguette s'ouvrir, mais je ne tentai rien. Une partie de moi m'en empêchait, et je ne pouvais pas lutter contre cette partie. Je sentais doucement mon entre-jambe se tendre et forcer sur le tissus de mon boxer, contre mon gré. Il le remarqua et sourit, avant de me débarrasser entièrement de mon pantalon. Son visage remonta doucement mon corps, déposant par ci et par là quelques baisers fougueux, avant de jouer avec la lobe de mon oreille, tandis que je sentais sa main s'aventurer dans mon sous-vêtement.
---Un cri. Oui, c'était un cri qui sortit de ma bouche quand ses doigts entrèrent en contact avec mon membre. C'était la première fois que je ressentais un plaisir aussi vif et cuisant, ma verge me tiraillait douloureusement, alors que la main de Denrave jouait avec. Elle effectuait des allers et retours incessants, du gland jusqu'aux bourses, alors que mon visage rougissait, et que je ne cessais de gémir mon plaisir. Je sentais ce contact jusqu'au plus profond de mon être, et la glace de ses mains ajoutaient à cette caresse un plaisir encore plus cuisant qu'il ne pourrait l'être. C'était bon, trop bon, je m'abandonnais entièrement, sans rien regretter sur le moment.
---Je me rendis à peine compte que sa langue venait de nouveau rencontrer la mienne, toute ma concentration se faisait sur cette partie de mon entre-jambe. Je n'osais pas la regarder, par honte, mais je l'imaginais déjà bien dressée, à demi cachée par les doigts du directeur. Un soupir, et une envie de prolongement. Je ne voulais pas que cela s'arrête, cette caresse était incomparable, envoutante, délicieuse...
---Mais débordé par mon plaisir, je ne pus retenir plus longtemps ma semence qui, à ma grande surprise, jaillit pour retomber sur la main de Denrave.
---J'entrevis un sourire de sa part, mais je crois que je n'y fis pas trop attention. Mon c½ur battait beaucoup trop fort, et mon ventre me tiraillait, tambourinait... J'étais dans un autre monde, autre part...
Chapitre VII: L'après.
---« -Tu m'appartiens...Dorénavant... »
Le son de la porte qui claque, le chuintement de chaussures sur le parquet, puis plus rien.
---Je me réveillais en sursaut, le boxer au niveau des cuisses. Une douleur me transperça le crâne, alors je me rallongeai. Il me fallut un temps avant de comprendre ce qu'il s'était passé. Et quand je compris, je rougis instantanément. Je remontais mon sous-vêtements, et mon troisième réflexe fut de me retourner, me cacher le visage, et pleurer.
---Mais qu'avais-je fais? N'avais-je pas été capable de le repousser?! Je m'en voulais, me trouvais misérable, pitoyable, inhumain, incapable... Ce qui eut pour effet de redoubler le débit de larmes que je versais. J'avais mal au c½ur, j'avais mal d'avoir fait ça, d'y avoir prit du plaisir. Mais bon sens! Pourquoi ne l'avais-je pas repoussé?! Je tremblais, étrangement. Je voulais tout oublier, tout le plaisir que j'avais pu ressentir, toutes les caresses qui m'avaient fait jouir, tout. Je jetai un regard au réveil. Il était 3 heures du matin, je ne pouvais pas me permettre de me lever, par respect envers mes parents. J'essayais alors de me rendormir, en gardant en moi cette douleur froide qui me glaçait le corps.
---Quand le réveil sonna, le lendemain, je mis un temps avant de me lever. Je n'avais pas dormis, trop de choses se bousculaient dans ma tête. Le sommeil alourdissait affreusement mes pas pendant que je me rendais à la salle de bain pour prendre ma douche quotidienne.
---Je descendis, et partis de la maison avec mon cartable sans rien manger. Je n'avais pas faim; j'avais besoin de m'aérer l'esprit. Je décidais de faire un tour dans le parc, histoire de me changer les idées. Il faisait gris aujourd'hui, et la pluie s'annonçait fièrement. J'aperçus le banc de l'autre fois, où j'avais reçu mon premier baiser. Des larmes inondèrent mon visage, encore une fois. En repensant à Azur, je m'en voulais encore plus, et j'avais encore plus mal. Je restais ainsi, debout, pleurant, durant plusieurs minutes. Puis je décidais que l'heure était venue d'aller au lycée.
---J'étais désormais sur que mon dossier allait être refusé par le directeur, et que je ne pourrais pas changer d'établissement. Repenser à lui me fit mal, mais je me retins d'inonder mes joues. Je marchais silencieusement vers l'arrêt de bus.
---Le moyen de transport s'arrêta, et je descendis. J'eus soudainement un pincement au c½ur en apercevant Azur qui m'attendait à quelque pas de là. Lui avait le sourire aux lèvres, moi la mélancolie. Il s'en rendit rapidement compte, et me demanda si j'avais des problèmes. Je lui répondis que non, je ne voulais pas le préoccuper plus que ça.
---Il n'en demanda pas plus, ce qui me soulagea. Nous nous dirigeâmes vers nos classes respectives quand un élève accourut vers nous. Il me confia une lettre, puis repartis à toute allure. J'observais l'enveloppe, et vis avec une désagréable surprise la marque du directeur. Je lus rapidement la lettre: Un convocation. Je me mordis la lèvre, Azur jeta un coup d'½il au mot. Je ne vis pas clairement sa réaction, mais je crus apercevoir un regard méprisant, ou soupçonneux. Il m'adressa un sourire et partit dans une autre direction.
---Quant à moi, je me dirigeai vers le bureau du 'prestigieux' directeur.